Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

3 novembre 2007

oiseaux

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 9:25


Birds. Annick Lesimple.

Le Martinet

Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.

Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S'il touche au sol, il se déchire.
(…)
René Char
(Fureur et Mystère)

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21 octobre 2007

Le Seigneur des Castors

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 18:50


photographie d'Alain Sabatier

Sur les pas du Seigneur…des Castors.


Dans le cadre de Lire en fête la ville de Grasse a connu, ce vendredi 19 octobre, une rencontre riche et fertile. Le pivot de la soirée était une nouvelle écrite par des élèves du lycée De Tocqueville. Ce texte a connu ce qu'il peut advenir de mieux à des mots. Il a été mis en dialogue avec des photographies d'Alain Sabatier. 16 photos répondant à 16 extraits, le tout présenté à la Médiathèque. Plus de 60 personnes ont assisté à l'inauguration. L'assemblée s'est ensuite mise en route dans la ville, pour assister à quatre stations de mise en voix, par le Théâtre de la Nuit Blanche.

Le tout s'est terminé autour d'un buffet, au restaurant La Rotonde, lieu d'un crime supposé de cette nouvelle qui reprend le schéma de l'intrigue policière pour mieux explorer le patrimoine culturel grassois.

Les deux mots "lire" "fête" se sont conjugués autour d'éléments porteurs d'espoir. L'écriture demeure un besoin, ces lycéens le prouvent. Les jeunes, contrairement aux clichés entretenus, continuent d'aimer, de vivre avec douleur, de cultiver le bonheur…la littérature se greffera toujours sur ce besoin d'humanité. Et tout prouve que lorsque les adultes jouent le jeu, lorsqu'ils mettent en avant ce qui peut unir, la joie circule dans les artères de la ville et par les veines de la création.

(exposition : 16 extraits de la nouvelle "Le Seigneur des Castors", mis en écho avec des photographies d'Alain Sabatier à la Médiathèque de Grasse - le livre a été publié par "Tac-Motifs".


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22 juillet 2007

entre élitisme et populisme

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 23:05


Photo Alain Sabatier

La poésie est victime d’une mauvaise réputation, d’une double méprise. Elle oscille en permanence entre élitisme et populisme. Soit on l’accuse de s’enfermer sur des mots inaccessibles, que seuls les initiés pourraient entendre et comprendre, soit on souhaite la voir verser dans des formes connues, identifiables, acceptables, "compréhensibles". Et ces deux pôles se nourrissent. Non sans arrière-pensées d’ailleurs. Poésie au dessus du "vulgaire" d’une part, poésie palpable, contre les délires intellectuels de l’autre.
L’association Podio, qui oeuvre dans le pays de Grasse depuis plus de 23 ans, tente depuis sa création de situer au delà de ces clivages factices. Elle se fonde ainsi sur une ligne qui a pour vecteur essentiel  le mot exigence. La poésie ne saurait être accessible de prime abord, on re-lit toujours un poème. Mais elle doit aller vers tous, car elle est dans ce monde en détresse l’un des langages humains qui résiste.
Forts de ce passé et de cette culture, les membres de l’association Podio ont lancé cette année l’idée d’une fête de la poésie ouverte à la population de Grasse, à ses quartiers. Fête populaire et de découverte. La poésie en ses quartiers.
Le résultat s’est situé au dessus de tous les espoirs, la salle polyvalente du quartier Saint Antoine n’a pas désemplie, et chaque lecture s’est déroulée devant  plus de 50 personnes.
Quatre éditeurs représentaient le combat mené en ce domaine contre les puissances d’argent : Tipaza, L’Ormaie, Tac-Motifs et L’Amourier avaient ainsi fait le déplacement, et leurs stands a suscité un intérêt réel, de réèlles découvertes.
L’équipe organisatrice en est sortie réconfortée : si la poésie demande un combat, on doit l’entreprendre et avec confiance.
La soirée a mêlé textes poétiques et moments musicaux, avec accordéon et vielle à roue. L’apéritif et le dessert ont ponctué et agrémenté cette rencontre conviviale.
De quoi donner des idées pour l’année prochaine,
des idées émergent déjà pour une deuxième session…

Podio avance sous une phrase d’Hölderlin : pourquoi des poètes en ces temps de détresse ?
La réponse se trouve dans le quotidien.

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19 mai 2007

Primavera dei poeti

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 22:37

Le Printemps des poètes passe désormais les frontières,
il passe les Alpes,
et se fait  Primavera dei poeti.
A Turin et en ses alentours, plus de 40 manifestations poétiques ont eu lieu, grâce à un groupe d’amis motivés, portés par la poésie.
J’ai été invité il  venerdi 16 Marzo, à Bussoleno,
et j’ai passé en ce lieu une soirée de rencontre poétique mémorable,
prenante, un instant d’amitié rare.
Je veux  ici dire ma reconnaissance à  ces ami(e)s qui m’ont accueilli avec exigence et chaleur, avec  générosité.
Je souhaite le faire en donnant la parole à l’une des poètes présents, Paola Bonetti.
Vous suggérant de lire son texte, ici présenté en bilingue.
pour que le sillon se fasse

bras dessous bras dessous,
amis italiens,

sous le signe de F. Fellini, è la nave va…

poème de Paola

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15 avril 2007

Pavese - castellaras

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 19:32

Cesare Pavese, parfois, nous donne des textes en forme de protection, castellaras à investir.

Nocturne

La colline est nocturne, dans le ciel transparent.
Ta tête s’y enchâsse, elle se meut à peine,
compagne de ce ciel. Tu es comme un nuage
entrevu dans les branches. Dans tes yeux rit
l’étrangeté d’un ciel qui ne t’appartient pas

La colline de terre et de feuillage enferme
dans sa masse noire ton vivant regard,
ta bouche a le pli d’une cavité douce au milieu
des collines lointaines. Tu as l’air de jouer
à la grande colline et à la clarté du ciel :
pour me plaire tu répètes le paysage ancien
et tu le rends plus pur.

                                        Mais ta vie est ailleurs.
Ton tendre sang s’est formé ailleurs.
Les mots que tu dis ne trouvent pas d’écho
dans l’âpre tristesse de ce ciel.
Tu n’es rien qu’un nuage très doux, blanc
qui s’est pris une nuit dans les branches anciennes.

Cesare Pavese,
Travailler fatigue.
Collection Poésie/Gallimard. p.58

pour lire le texte en italien

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11 mars 2007

feuillets

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 0:26


c’était le 22 février, à Grasse, Alain Freixe (à gauche) s’entretenait avec Daniel Schmitt
Ce dernier allait lire pendant  une heure de larges extraits des Feuillets d’Hypnos.
En prélude à  la Poésie a un visage, la forme que prend à Grasse  Le Printemps des poètes.
Plus de 40 personnes ont écouté ces pages, lues avec retenue et émotion pourtant,
dans la Chapelle Victoria,
lieu de culte de l’Eglise Réformée de Grasse,
lieu de culture aussi, accueillant une manifestation littéraire, musicale ou une conférence par mois.

Le texte de Char a été servi par la pudeur et la profondeur du ton,
par la communion des auditeurs.

212
Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer.
231
Peu de jours avant son supplice, Roger Chaudon me disait " Sur cette terre, on est un peu dessus, beaucoup dessous. L’ordre des époques ne peut  être inversé. C’est, au fond, ce qui me tranquillise, malgré la joie de vivre qui me secoue comme un tonnerre".
202
Le chemin du secret danse à la chaleur.

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10 mars 2007

MMM and S

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Martin
Max
Monique
and Start

Exposition inaugurée ce samedi 10 mars,  Monique Thibaudin, Max Charvolen, Martin Miguel,
dans l’Atelier Marc Piano, 37 avenue de Cannes à Vallauris.

Avec le concours de l’Atelier 49, association pour la promotion et le soutien de la création contemporaine.
http://atelier49.googlepages.com

                                                                                     MMM’S

passant par les mailles relâchées du filet comme attirés par des nuages de tulle ceux qui
mâchent les êtres et la lumière les bustes ont disparu s’en sont allés
vacance certainement presque indolore si les jambes  pouvaient pleinement se décroiser dans l’autonomie
le combat est fragile pourtant
car des parts lisses sont décoffrées évidées réclamant la couleur en guise de 

de fait les points de suture tirent la douleur hors des plaies

dans le corps des origines la ligne droite devient déchirure combustion multipliée dans le silence noir les auréoles sont
sueurs des temps lourds sœurs du siècle

arrachés à la perspective les mouvements crissent comme bémols doubles croches et puis se recomposent en fusions spirales en guise de
plâtres en bandes bétons en grappes germinatives sur le bord du corps vide la vie conçue en assauts           offerte
 yu. Vallauris-Grasse, le 10.03.07

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6 décembre 2006

POUR SALUER LE BIENVENU

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 0:15

JEAN-MARIE BARNAUD : son lieu d’ancrage se situe à Mougins, dans les Alpes Maritimes, mais il vient de Saintes, il a enseigné à Grasse et voyagé en tous lieux pour défendre et illustrer la poésie, l’écriture : Charleville bien sûr, le Québec, Taïwan , le Chambon sur Lignon.
Son oeuvre poétique est publié par  Cheyne Editeur
Ses récits sont édités notamment par  Gallimard et l’Amourier Editions.

Coup sur coup,  il vient de nous livrer, cette dernière quinzaine, deux entrées dans son oeuvre.

A Mouans-Sartoux, lors d’une session des Fins de mois sont poétiques (animées par Patrick Jocquel) Jean-Marie Barnaud a saisi  l’occasion d’une réédition de ses premiers recueils pour réfléchir sur  son travail et son parcours de poète. Comment se situer face à des textes publiés il y a 20 ans ? Aucune nostalgie, mais un déferlement d’enthousiasme et de textes nourriciers, sortant  tout nets  d’une mémoire passionnée.

Sur les ondes de Radio Agora (94 mghz), lors d’une émission fondée par lui il y a 10 ans, et que j’anime désormais (Plaisir de lire) , Jean- Marie Barnaud a bien voulu répondre à mes questions. Elles portaient sur le fait d’écrire, sur les liens unissant prose et poésie…sur le désir de cette longue phrase qui ne cesserait jamais de se dérouler…
ainsi vont les paroles humaines, elles n’en finissent pas de tracer des voies et de laisser des traces.

(pour en lire plus, ces liens
- http://printempsdespoetes.com
- http://www.cheyne-editeur.com
- http://www.remue.net
- http://amourier.com

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2 décembre 2006

l’énergie ne saurait jamais être hostile

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 19:58

"quelque chose a été perdu, qui sera inaccessible",
c’est autour de ce constat, dur et difficile à admetttre, qu’Alain Freixe a bâti son propos  sur André Frénaud, dans le cycle des conférences Podio donné à la Maison de la Poésie de Grasse.
Constat douloureux qui nous place pourtant au coeur de l’humaine condition.
Il pourrait légitimer tous les abandons et repliements.
Avec André Frénaud, tout est au contraire dans l’allant, le mouvement, de préférence collectif : comme refrains reviennent ces invitations, allons, partons…
Alain Freixe s souligné la force des mots poétiques qui se cultive  pour faire de la vie un parcours et du temps un compagnon inventif.
Ce serait abdiquer que sortir du voyage.
Il avait là comme des propos fondateurs pour cette toute nouvelle Maison de la Poésie de Grasse et cette soirée a vu se multiplier  des passages allant de la poésie à la philosphie.
Une fois de plus Alain Freixe a su prouver, à travers les mots de Freinaud, que l’énergie ne saurait jamais être hostile.
Qu’elle trace même des voix humaines.

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9 octobre 2006

mon mouans

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 18:54

trois jours de paroles de paroles données tenues retenues

des lecteurs qui reviennent un an après dire la rencontre la parole perplexe la joie enfin osée

l’extension aussi du stand devenu lieu d’accueil pour chaises tournantes et circulation des sourires des rires aussi pourquoi non

dans la chaleur le physique se laisse envahir par les mots comme autant de coups d’épaule de bras passés autour de l’autre

d’embrassades comme textes décuplés

aux amis d’ancrage et de passage ces mots de gratitude

 

 

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