Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

18 avril 2008

Cesare Pavese non era un chiacherrone

Filed under: choses lues, en vrac - mise à quai — ughes @ 16:32


(photo Paola Bonetti).

Cesare Pavese non era un chiacherrone, la sua parola non segue questa profusione tomultuosa che la coltura italiana si vede un puo troppo facilmente attribuire…

Cesare Pavese n’était pas un bavard, sa parole ne suit pas cette profusion tumultueuse que l’on attribue un peu trop facilement à la cutlure italienne.

Tels sont les premiers mots d’une conférence que j’ai consacrée à l’oeuvre de Cesare Pavese, ou la trace de la couleuvre.

J’ai eu le plaisir de donner cette conférence à Saint Laurent du Var, lors du Printemps des Poètes.

Puis d’en parler abondamment avec mes amis de Turin, quand ils m’ont invité pour la "Primavera dei Poeti". Superbes instants d’amitié, d’échanges. Comme signe marquant, ces amis avaient organisé un jour entier de découvertes, à Santo Stefano Belbo, ville natale de Pavese.

Sous la Gaminella, nous avons mangé, bu un somptueux Barbera, et nous avons cultivé cette joie que la parole poétique libère. Les liens sont établis, ils se développeront.

pour voir la suite de la conférence, cliquez ici.
pour lire la conférence, version italienne, cliquez ici.

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9 décembre 2007

une vue brève

Filed under: choses lues, en vrac - mise à quai — ughes @ 18:32

(photo prise par Annick Lesimple)

le grand changement, ce matin, c’est à l’azur que tu le dois et au simple triangle blanc haut jeté plein sur dans le ciel à cent quatre-vingts kilomètres d’ici. Il ne se voit qu’aux petits matins de mistral., tangentement éclairé par le soleil, lorsque le vent en fin de nuit monte la Corse au-dessus de l’horizon et la suspend quelques minutes sur l’eau comme une aile qui rosit un peu. Les chanceux la retrouveront plus tard dans l’après-midi bleue, selon les caprices du vent. les chanceux ou les purs. Car si la pureté  veut dire quelque chose, c’est  à cela qu’elle ressemble, à ce que qui se donne là-bas. et qui se donne seulement à la vue : on ne peut rien lui prendre ni lui ôter ; rien lui ajouter. Elle brille dans cette distance par-dessus les crêtes d’écume qu’on distingue sur la mer proche et encore un peu derrière les cailloux de Lérins, et qui s’estompent plus loin au grand large dans une vapeur de lumière. Elle se dresse comme une cariatide blanche aux portes du ciel. Et puis elle se dérobe. L’horizon se ferme. Mais on se sent léger pour des jours, et la clarté continue de tourner doucement dans sa tête.

Jean-Marie Barnaud. Récits de la vie brève. Ed. de l’Amourier. 2004. "rue piétonne".

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10 novembre 2007

GRAZIA, DANTE !

Filed under: choses lues — ughes @ 15:19


(première rencontre de Dante et Béatrice sur les quais de l'Arno, à Florence. Peinture de Henry Holiday, 1861, détail, Liverpool,
Walker Art Gallery)

Merci Dante, de ce que tu écrivais il y longtemps déjà, et qui atteint notre époque.
Toute ressemblance avec des personnages existant, ou ayant existé, notamment au sommet de l'Etat serait bien entendu totalement fortuite et due au plus grand des hasards.

On peut ainsi lire, sous ta plume, dans un petit ouvrage édité par "La Table ronde"
La Consolation :

" le vulgaire n'accorde son admiration qu'aux objets qui frappent extraordinairement les sens. Le vulgaire n'approfondit rien, les superfices brillantes lui tiennent lieu de qualités solides. Le vulgaire ne pense point de son chef, il adopte les idées, les pensées, les raisonnements, les systèmes, les jugements qu'il trouve établis à proportion qu'ils affectent d'une manière plus ou moins sensible, la bassesse de ses inclnations. le vulgaire appelle vivants ceux qui sont réellement morts, l'enflure lui paraît plénitude, rien ne lui semble grand que ce qui est démesuré. Il ne juge point du prix d'une statue par la justesse et l'élégance de ses proportions, mais seulement par la magnificence du piédestal sur lequel elle est posée." (Cantique Troisième - page 44)

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4 novembre 2007

Dans la friche on sème des mots

Filed under: choses lues — ughes @ 15:58

un numéro de "Friches" consacré à Franck Venaille.
Jean-Pierre Thuillat et l’équipe de la revue continuent inlassablement un travail
d’exploration et de témoignages remarquable. Dans ce numéro 97, on peut notamment
découvrir un dossier consacré à Franck Venaille. On y retrouvera le corps central d’une
conférence que j’ai faite à Grasse sur cet auteur, dans le cadre des rencontres Podio, ainsi
qu’un entretien et trois proses inédites.
L’oeuvre de Franck Venaille porte les marques du siècle, de la guerre d’Algérie, de la revue "Chorus" à l’un de ses
derniers recueils  "hourra les morts", on découvre en ses textes l’absorption
des rythmes de notre monde ; dans la scansion des mots  et leurs élans  saccadés prennent formes
des voies humaines, pour aller vers l’autre.
Ecrire des textes poétiques, c’est prendre le rythme de l’avant-centre qui soudain se démarque
et monte vers les buts adverses
Ecrire des textes poétiques, c’est aller comme la taupe, de tunnels en galeries, pour tôt
ou tard, remonter vers la lumière.

pour lire le texte de la conférence, cliquer ici.

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20 mai 2007

Camus, le frère solaire

Filed under: choses lues — ughes @ 0:11

le mardi 15 mai, à la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale Louis Nucéra de Nice, je donnai une conférence sur Albert Camus, le solaire, dans le cadre d’un cycle Podio, Association pour la défense et l’illustration de la poésie dans le pays de Grasse. Cette association compte à son actif plus de 70 conférences sur la poésie contemporaine, elle franchit désormais le Var, invitée par la BMVR.

L’absurde, n’est-ce pas d’être projeté, dès la naissance dans un monde morcelé où l’eau, le soleil ne sont plus que des éléments séparés ?
L’absurde réside dans l’exc lusion d’un monde qui ira son cours, quoi qu’il advienne de nous. Comme il est hors de question de se résigner, comme il nous faut, envers et contre tout, "imaginer Sisyphe heureux" , comment dépasser notre finitude ?
La langue peut être comme la peste, mais nous n’avons qu’elle pour nous réapproprier le monde. Celle de Camus est faite de chair et de sel.
C’est en poète que j’ai abordé cette oeuvre solaire, tentant d’en faire vivre la profondeur humaine.

pour lire le texte de la conférence.

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16 avril 2007

Filed under: choses lues — ughes @ 23:29


l’oeuvre de Franck Venaille fait partie des grandes voix de notre temps.
pour lire une conférence donnée dans le cadre des cycles Podio, à Grasse, cliquez sur Franck Venaille, Hourra les morts ! ou la mémoire de la taupe.

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4 février 2007

PoéVie

Filed under: choses lues — ughes @ 23:51

Les mots sont  les maux sont l’émotion
gros mots et gros maux gros textes grotesques
l’émau avec un goût d’autruche dans la poitrine
une voix rauque comme cet animal fruste et rare
barbare coureur de désert peu fréquenté
-pas de rallye par ici :
là l’eau triche là l’os truque
avec l’allure tyrolienne
l’air aborigène -
avec du cri d’autruche inexprimé
peut-être même de cigogne
au fond fin de la gorge
du raide cri d’ostruche
du cri enfoui d’oiseau sans aile sans vol
sans paradis sans elle sans love
morts enterrés morts détournés maux voilés maux violés
las l’os triche ! las l’os truque !
mercenaire tortionnaire t’as la trique totalitaire
le charnier débonnnaire la lyre prophétique la lure thyroïdienne
la tire mirifique la mitraille charismatique t’as l’ère mérovingienne…

détache-toi de ton cadavre…

Daniel Biga, détache-toi de ton cadavre.

pour lire le texte de la conférence
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4 janvier 2007

Europe, la revue : littérature & peinture

Filed under: choses lues — ughes @ 23:45

On sait ce que l’on doit à la revue Europe, la si bien nommée, son apport à l’histoire de la littérature, son approche aiguë des problématiques posées par cette activité sociale qu’est  la production de textes.
On a beau savoir, on ne peut être que transporté par ses incursions novatrices, en témoigne son dernier numéro consacré à la rencontre, à la mise en écho, de ces domaines complices : Littérature & peinture

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5 décembre 2006

notre dame de vie

Filed under: choses lues — ughes @ 23:23

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19 novembre 2006

Jack Kerouac, ou les rues de la lumière vide

Filed under: choses lues — ughes @ 1:24

Jack Kerouac est connu pour sa prose délirante et déliée, subversive et  débordante,
en poésie, il s’impose le rythme du Chorus, une contrainte formelle et féconde…
dans mon système, la forme des chorus de blues est délimitée par la petite taille de la page du carnet de notes dans lequel ils sont écrits, comme la forme d’un certain nombre de mesures dans un chorus  de blues en jazz, et donc parfois la signification du mot  peut se prolonger d’un chorus à  un autre, ou pas, de même que la signification de la phrase peut se prolonger de manière  harmonique, jazzée, d’un chorus à l’autre, ou pas, de sorte que dans ces blues comme dans le jazz, la forme est déterminée par le temps, par l’harmonie et le phrasé spontanés du musicien dans le batttement du temps qui déferle sans fin sur les mesures des chorus.
Il faut que ce soit sans fin, ad libitum pour chaque chorus, sans quoi le coup foire.
Jack Kerouac ( Book of Blues, éditions Denoël et d’ailleurs, 2000)

Et quand Kerouac s’installe à San Francisco, ça donne des rues de lumière vide

(cette approche a fait l’objet d’une conférence à la Bibliothèque Municipale de Grasse, dans l’un des cycles de  Podio, association dont le but est la défense et l’illustration de la poésie sur le pays de Grasse. Le texte intégral a été publié par la revue Friches. n° 80 automne 2002, dossier Kerouac, Grandes voix contemporaines).

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