Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

18 avril 2008

travail saisi en forme généreuse

Filed under: musique — ughes @ 14:02

on pourrait dire que ce n'est pas un film, mais un concert filmé, ou pourrait prétendre que la caméra aurait pu plus ceci  ou plus cela, on pourrait affirmer que Scorcese aurait pu s'appliquer, travailler avec plus d'attention…on pourrait, on pourrait certes…mais voilà…ce film existe…et tel qu'il se présente il offre bonheur, générosité, et l'essentiel se trouve là.
Un film  à corps perdu, à corps donné surtout.
Corps donnés par lesquels passent l'intensité, une jubilation venue de la transe et l'entretenant.
Travailleurs du son, sculpteurs de l'espace, pour que la joie s'installe dans le creux du noir.
La scène comme un lieu d'errance pour guitares nomades. Se cherchant, s'accordant, repartant vers des quêtes diverses, lointaines.
Et ces instants saisis. Charlie Watts soufflant après une prestation époustouflante. Puis un sourire. Toujours dans la dignité du retrait bienveillant.
Les fronts de Jagger et de Richards, se posant l'un sur l'autre, dans un moment furtif de connivence.
Et l'excès donné dans l'excès.
Pas d'économie, la peau ne sera pas peau de chagrin. Tout en extension, en étirements, en délires. en débords.
Il convient donc de dire tout simplement merci à Marty. Il s'est bien gardé d'un rôle égocentré présentant des capacités appuyés. Il vit dans la modestie, la présence humble de celui qui se trouve transporté par son sujet. Il faut posséder une maîtrise esthétique rare pour se laisser ainsi envahir par le spectacle approché.
Et pour donner à voir en s'effaçant.
Tout en exerçant l'oeil du spectateur.

Former, offrir et partager des joies, la démarche mérite d'être soulignée, en ces temps de parcimonie et calculs petits.

• • •
 

No Comments »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post. | TrackBack URI

Leave a comment

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture.
Anti-Spam Image