couloir
.jpg)
Annick Lesimple. Histoire vraie.
en écho, ce texte :
Couloir
dans le déhanchement des temps s’installait le réveil des heures malades et je m’en allais avec pour tout culte du corps un simple gospel
dans les cris acquis : un refus éraillé des amis des êtres
ces syllabes conçues comme cordons ombilicaux pendaient après coup sur des cuisses alanguies
répétées répercutées sur des murs troubles
installé comme à chaque fois que tu m’appelles
ô chant du désert tel un égorgement dans le sable ce cri de sang ce déhanchement du temps et des voix amies
cette façon de glisser le long des parois vocales et des cordes par les sons frottées
et tu seras là au bout des couloirs comme transfusion donnée par des poches rauques et saines
tu seras
déchirement du malheur et tempo à la fois accessible dans le temps cireux des caravanes des oasis conçues dans la raucité
arrachées puis attachées remontant de là comme de tes hanches amoindries
pour aller vers le choeur donné par les autres
crépusculaires et d’aurore pourtant
tu seras l’arc donné
fournie par ces cheveux au loin défaits et ces hanches courbées dans l’offrande d’un jour
ô mon amour remontée de tes chambres et retranscrite en masques stériles
ainsi déhanchée sur fond blanc
tu iras
riras dans le grès des vases horaires jour après jour modelée
au gré des veines sur tes temps dessinées
en lettres accomplies
sur la fin des temps
Ecrit ce jour, cette nuit
en écoutant Amy Winehouse
Yes I’have been black when I came back no no no
yves ughes
le 16 février 08

