Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

24 février 2008

couloir

Filed under: écritures, en vrac - mise à quai — ughes @ 17:42

Annick Lesimple. Histoire vraie.

en écho, ce texte :

Couloir

dans le déhanchement des temps s’installait le réveil des heures malades et je m’en allais avec pour tout culte du corps un simple gospel
dans les cris acquis : un refus éraillé des amis des êtres

ces syllabes conçues comme cordons ombilicaux pendaient après coup sur des cuisses alanguies
répétées répercutées sur des murs troubles

installé comme à chaque fois que tu m’appelles
ô chant du désert tel un égorgement dans le sable ce cri de sang ce déhanchement du temps et des voix amies
cette façon de glisser le long des parois vocales et des cordes par les sons frottées

et tu seras là au bout des couloirs comme transfusion donnée par des poches rauques et saines

tu seras

déchirement du malheur et tempo à la fois accessible dans le temps cireux des caravanes des oasis conçues dans la raucité
arrachées puis attachées remontant de là comme de tes hanches amoindries
pour aller vers le choeur donné par les autres
crépusculaires et d’aurore pourtant

tu seras l’arc donné
fournie par ces cheveux au loin défaits et ces hanches courbées dans l’offrande d’un jour
ô mon amour remontée de tes chambres et retranscrite en masques stériles
ainsi déhanchée sur fond blanc

tu iras
riras dans le grès des vases horaires jour après jour modelée
au gré des veines sur tes temps dessinées

en lettres accomplies
sur la fin des temps

Ecrit ce jour, cette nuit
en écoutant Amy Winehouse
Yes I’have been black when I came back no no no

yves ughes
le 16 février 08

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3 février 2008

l’autre et l’identité

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 16:57

Il est des livres de santé publique. Celui-ci aurait pu être polémique et rageur, il relève tout simplement du bien-être. Il se constitue
dans l’équilibre et la générosité.

"Ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du co-développement", ainsi se nomme l’héritage honteux qu’une campagne électorale populiste et fondée sur la peur nous a légué.
Un Ministère comme un mur, une forteresse verbale érigée pour rassurer. Avec la force de l’évidence et du "bon sens".
Dans ce livre au contraire l’identité est subtilement et finement saisie dans sa complexité contemporaine. Nous savons tous que nous sommes tissus métissés. Le nier revient à se renier. Notre vie ne peut s’inscrire que dans cet échange qui nous change à tout moment.
Une des richesses les plus fragiles de l’identité, personnelle ou collective, et les plus précieuses aussi, est que, d’évidence, elle se développe et se renforce de manière continue -nulle part on ne rencontre de fixité identitaire- mais aussi qu’elle ne saurait s’établir ni se rassurer à partir de règles, d’édits, de lois qui en fonderaient d’autorité la nature ou qui garantiraient par la force la pérennité de celle-ci"

(pour lire la suite de cette note de lecture parue dans l’hebdomadaire "Le Patriote Côte d’Azur", cliquez ici.

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