Michel Ménaché, buée des vitres et pages blanches.

Photo prise par Didier Devos.
le vendredi 11 janvier, l’Association Podio et la Maison de la Poésie de Grasse recevaient Michel Ménaché.
Michel Ménaché présente une oeuvre poétique conséquente et venant de loin. Elle se double d’une activité littéraire intense et d’une préoccuption sociale appuyée.
Partant de sa souche matricielle, cette oeuvre se frotte à la parole des autres (comme ce fut le cas dans un échange d’écritures avec Les Pêcheurs du Léman). Elle nourrit un arrière-plan théorique qui s’appuie sur de nombreuses d’approches critiques. Les publications sont à la fois nombreuses et fidèles à des revues de permanence, Europe notamment.
Richesse et profusion qu’il a apportées à Grasse, dans le cadre des rencontres organisées à la Maison de la Poésie. L’association Podio l’avait invité, sachant que son propos allait s’intégrer au cycle de conférences inauguré il y a 23 ans : la poésie se partage, sans ostentation, avec richesse humaine et parole authentique.
La soirée s’est déroulée en simple et intense bonheur , des phrases résonnent encore de leur force sonore et insolite :
on découvre notre vraie nature de ratages en ratures.
elle rit au centuple de son silence.
Il y eut la buée des vitres avant la page blanche…la mémoire vient avec l’encre…
La poésie de M. Ménaché ne peut se détourner de la vie du monde, Louise Michel, Che Guévara, Lumumba, les héros de jeunesse ont émergé. Même s’il a fallu plus tard dans l’oeuvre passer d’un lyrisme donné à un lyrisme aride. La méfiance s’installant face aux systèmes et dans les mots.
Rien pourtant ne saurait détourner les textes d’une nécessaire et ndispensable réflexion sociale. En témoignent ces textes personnels troués de coupure de presse, qui disent la logique implacable du monde de la finance et du capitalisme dominant.
Une soirée ouverte donc, nourrie de riches et franches confrontations. Une façon de dire que ces rencontres doivent perdurer et se multiplier…
Après la rencontre, à chacun de faire sa route tant il est vrai que toujours on "écrit à partir de ses silences"

