Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

27 janvier 2008

Jean-Marie Barnaud : Claude Simon, l’écriture et la survie.

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 17:46

le vendredi 18 janvier, à la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale, Jean-Marie Barnaud a présenté une conférence sur l’oeuvre de Claude Simon.

Cette action s’est déroulée dans le cadre d’un partenariat avec l’Association Podio, pour la défense et l’llustration de la poésie. L’association compte plus de 80 interventions de ce type, sur la poésie et la littérature contemporaines. Le plus souvent, ce sont des poètes qui abordent des oeuvres interrogeant  leur propre approche poétique.

Jean-Marie Barnaud n’a pas manqué d’illustrer cette heureuse façon d’approcher les textes, comme nourri lui-même par le rythme de la phrase Simonienne il a livré avec retenue et enthousiasme des analyses critiques abondantes, comme autant de voies d’accès dans une oeuvre réputée exigeante.

La guerre se présente dans les textes de Claude Simon comme un événement fondateur. Elle pourrait être paralysante, stérile, comment écrire après l’horreur, comment faire des livres après Auschwitz ? la question se pose à tous les auteurs de l’après-guerre. Pour Claude Simon l’écriture est intimement liée à la survie. Elle s’inscrira tout d’abord dans une mise en scène épique, rongée de l’intérieur. Et J-M Barnaud n’a pas manqué d’insister sur cette notion de "grotesque triste" qui s’inscrit dans une mouvement allant de Don Quichotte à Madame Bovary, et qui mêle intimement esprit chevaleresque et ridicule.
il convient en effet d’interroger l’Histoire, pour susciter un salutaire retournement.
A se travailler elle-même, dans cette "écriture au présent", la pratique littéraire trouve son propre rythme de phrase. De la viendra l’ampleur nécessaire, souhaitée, cette respiration élémentaire qui nous permet de vivre. "La puissance, la beauté du monde ne manqueront pas de faire leur retour". Donnée par la vie, dans la vie, s’offrira l’éblouissement, livré malgré tout par notre espace. Apparition/disparition. "La mélancolie Simonienne n’existerait pas s’il n’y avait pas cette "avidité du monde". Avidité d’emblée donnée. Mais que seuls  des textes portés par la contradiction peuvent capter . "l’écriture doit prendre le risque de l’insaisissable et doit continuer d’être comprise". A l’auteur donc de travailler dans l’incomplétude de la phrase.

Une conférence conduite donc comme un moment de bonheur suspendu, nous ramenant plus forts dans les bruits de la ville.

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