Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

27 janvier 2008

encart

Filed under: Inclassable — ughes @ 18:26

Photo de l’Aubrac, transmise par Annick Lesimple.
En écho personnel, ce texte de René Char

Encart

Les routes quie ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aimées.

La générosité est une proie facile. Rien n’est plus attaqué, plus confondu, difffamé qu’elle. Générosité qui crée nos bourreaux futurs, nos resserrements, des rêves écrits à la craie, mais aussi la chaleur qui une fois reçoit et, deux fois donne.

Il n’y a plus de peuple-trésor, mais, de proche en proche, le savoir-vivre infini de l’éclaire pour les survivants de ce peuple.

La pluie, école de croissance, rapetisse la vitre par où nous l’observons.

Nous demandons à l’imprévisible de décevoir l’attendu. Deux étrangers acharnés à se contredire -et à se fondre ensemble si leur rencontre aboutissait !

En amour, en poésie, la neige n’est pas la louve de janvier, mais la perdrix du renouveau.

Le Nu perdu.
Editions de la Pléiade, page 466

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Michel Ménaché, buée des vitres et pages blanches.

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 18:14


Photo prise par Didier Devos.

le vendredi 11 janvier, l’Association Podio et la Maison de la Poésie de Grasse recevaient Michel Ménaché.

Michel Ménaché présente une oeuvre poétique conséquente et venant de loin. Elle se double d’une activité littéraire intense et d’une préoccuption sociale appuyée.
Partant de sa souche matricielle, cette oeuvre se frotte à la parole des autres (comme ce fut le cas dans un échange d’écritures avec Les Pêcheurs du Léman). Elle nourrit un arrière-plan théorique qui s’appuie sur de nombreuses d’approches critiques. Les publications sont à la fois nombreuses et fidèles à des revues de permanence,  Europe notamment.

Richesse et profusion qu’il a apportées à Grasse, dans le cadre des rencontres organisées à la Maison de la Poésie. L’association Podio l’avait invité, sachant que son propos allait s’intégrer au cycle de conférences inauguré il y a 23 ans : la poésie se partage, sans ostentation, avec richesse humaine et parole authentique.

La soirée s’est déroulée en simple et intense bonheur , des phrases résonnent encore de leur force sonore et insolite :
on découvre notre vraie nature de ratages en ratures.
elle rit au centuple de son silence.
Il y eut la buée des vitres avant la page blanche…la mémoire vient avec l’encre…

La poésie de M. Ménaché ne peut se détourner de la vie du monde, Louise Michel, Che Guévara, Lumumba, les héros de jeunesse ont émergé. Même s’il a fallu plus tard dans l’oeuvre passer d’un lyrisme donné à un lyrisme aride. La méfiance s’installant face aux systèmes et dans les mots.
Rien pourtant ne saurait détourner les textes d’une nécessaire et ndispensable réflexion sociale. En témoignent ces textes personnels troués de coupure de presse, qui disent la logique implacable du monde de la finance et du capitalisme dominant.

Une soirée ouverte donc, nourrie de riches et franches confrontations. Une façon de dire que ces rencontres doivent perdurer et se multiplier…
Après la rencontre, à chacun de faire sa route tant il est vrai que toujours on  "écrit à partir de ses silences"

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Jean-Marie Barnaud : Claude Simon, l’écriture et la survie.

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 17:46

le vendredi 18 janvier, à la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale, Jean-Marie Barnaud a présenté une conférence sur l’oeuvre de Claude Simon.

Cette action s’est déroulée dans le cadre d’un partenariat avec l’Association Podio, pour la défense et l’llustration de la poésie. L’association compte plus de 80 interventions de ce type, sur la poésie et la littérature contemporaines. Le plus souvent, ce sont des poètes qui abordent des oeuvres interrogeant  leur propre approche poétique.

Jean-Marie Barnaud n’a pas manqué d’illustrer cette heureuse façon d’approcher les textes, comme nourri lui-même par le rythme de la phrase Simonienne il a livré avec retenue et enthousiasme des analyses critiques abondantes, comme autant de voies d’accès dans une oeuvre réputée exigeante.

La guerre se présente dans les textes de Claude Simon comme un événement fondateur. Elle pourrait être paralysante, stérile, comment écrire après l’horreur, comment faire des livres après Auschwitz ? la question se pose à tous les auteurs de l’après-guerre. Pour Claude Simon l’écriture est intimement liée à la survie. Elle s’inscrira tout d’abord dans une mise en scène épique, rongée de l’intérieur. Et J-M Barnaud n’a pas manqué d’insister sur cette notion de "grotesque triste" qui s’inscrit dans une mouvement allant de Don Quichotte à Madame Bovary, et qui mêle intimement esprit chevaleresque et ridicule.
il convient en effet d’interroger l’Histoire, pour susciter un salutaire retournement.
A se travailler elle-même, dans cette "écriture au présent", la pratique littéraire trouve son propre rythme de phrase. De la viendra l’ampleur nécessaire, souhaitée, cette respiration élémentaire qui nous permet de vivre. "La puissance, la beauté du monde ne manqueront pas de faire leur retour". Donnée par la vie, dans la vie, s’offrira l’éblouissement, livré malgré tout par notre espace. Apparition/disparition. "La mélancolie Simonienne n’existerait pas s’il n’y avait pas cette "avidité du monde". Avidité d’emblée donnée. Mais que seuls  des textes portés par la contradiction peuvent capter . "l’écriture doit prendre le risque de l’insaisissable et doit continuer d’être comprise". A l’auteur donc de travailler dans l’incomplétude de la phrase.

Une conférence conduite donc comme un moment de bonheur suspendu, nous ramenant plus forts dans les bruits de la ville.

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linea di confine

Filed under: écritures, en vrac - mise à quai — ughes @ 13:14

Per trastullarci un po’ io e te
A
ssistando mia madre in ospedale.

Dolcissima e smarrita creatura
Io so perché tu adori i mandarini
I mandarini profumano di allegria
Aroma familiare
Che vorrei sempre addosso

Per ogni spicchio che ti porgo annuisci
per ogni spicchio abbozzi un sorriso
Due mandarini
per inventare un gioco
per profumar la notte,
e trastullarci un po’, io e te

Spengo la luce ora
mi avvologo di silenzio
Qui è l’intimità
dove si appoggeranno i sensi,
dove acqua e sale scorreranno in viso
il tempo che
il blu si porti via l’angoscia

Ecco,
nelle onde della notte
io mi rinnovo
Addosso porto essenza di mandarino
E mille e mille volte passo la mano
su chi
con la sua mano
mi ha riscaldato un tempo

Paola Bonetti. 2 gennaio 2008. Ore 2.30

Pour s’amuser un peu, toi et moi
Assistant ma mère hospitalisée

Très douce et disparue créature
Je sais pourquoi tu adores les mandarines
Des mandarines émane un parfum d’allégresse
Arôme familier
Que je voudrais toujours sur moi

Tu consens à chaque quartier que je te tends
pour chacun des quartiers tu esquisses un sourire
Deux mandarines
pour inventer un jeu
pour parfumer la nuit
pour s’amuser un peu, toi et moi

J’étais maintenant la lumière
et m’enveloppe de silence
Ici est l’intimité
dans laquelle s’appuieront les sens,
d’où l’eau et le sel glisseront sur le visage
le temps que
le bleu emporte l’angoisse

Voici,
dans les vagues de la nuit
je me recompose
je porte sur moi l’essence de mandarine
et mille et mille fois je passe ma main
sur celle qui
de sa main
m’a il y a longtemps  réchauffé.

Paola Bonetti. 2 janvier 2008. 2h 30

(j’aime que ce blog soit ainsi troué par des langues différentes. Et par diverses approches poétiques. celle de Paola saisit des instants infinitésimaux, par glissements successifs. Qu’elle soit remerciée pour la confiance mise en ma traduction)

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