grasse ville sculptée
Par les croisements du clavecin
au début ce sont formes
venues d’une géométrie de la mort
arêtes de tombes presque
un néant aux ailes emprisonnées
et c’est presque sans méfiance
par des blessures acharnées que la vie prend forme
la ville soudainement éventrée à ciel ouvert offre aux yeux poudrés une césarienne de marbre balustrades bousculées finalement battues en brèche par ces marteaux-piqueurs plantés dans le col d’un utérus blanc vierge et reconnaissant l’azur
masques d’outils faisant des êtres assoifés essouflés courbés sur leur ligne blanche de soda écrasés sous le socle enserrés dans la courbe des formes premières
une naissance à voir en direct dans le dénouement violent le dévouement offert en lieu
et place
comme un café et la rotation comme un saut dans le vide
et puis les caresse en finition la dentelle au vent ou bien la croupe polie dans l’ascension de Babel le trouble des langues différentes mises en carré pour dire la vie érigée en totem cube puis oeuf martelé de soleil
forme enfin acceptée acceptant son géniteur en sa conque de douleurs
dans la clarté des autres.
yves ughes,
lors du symposium de sculpure de Grasse, en 2007.
Pour les sculpeurs qui ont oeuvré sur le cours, en pleine chaleur.
Et notamment pour Gé Pellini, en photo ci-dessus, en train de creuser son bloc en corolle.

