Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

21 octobre 2007

Le Seigneur des Castors

Filed under: en vrac - mise à quai — ughes @ 18:50


photographie d'Alain Sabatier

Sur les pas du Seigneur…des Castors.


Dans le cadre de Lire en fête la ville de Grasse a connu, ce vendredi 19 octobre, une rencontre riche et fertile. Le pivot de la soirée était une nouvelle écrite par des élèves du lycée De Tocqueville. Ce texte a connu ce qu'il peut advenir de mieux à des mots. Il a été mis en dialogue avec des photographies d'Alain Sabatier. 16 photos répondant à 16 extraits, le tout présenté à la Médiathèque. Plus de 60 personnes ont assisté à l'inauguration. L'assemblée s'est ensuite mise en route dans la ville, pour assister à quatre stations de mise en voix, par le Théâtre de la Nuit Blanche.

Le tout s'est terminé autour d'un buffet, au restaurant La Rotonde, lieu d'un crime supposé de cette nouvelle qui reprend le schéma de l'intrigue policière pour mieux explorer le patrimoine culturel grassois.

Les deux mots "lire" "fête" se sont conjugués autour d'éléments porteurs d'espoir. L'écriture demeure un besoin, ces lycéens le prouvent. Les jeunes, contrairement aux clichés entretenus, continuent d'aimer, de vivre avec douleur, de cultiver le bonheur…la littérature se greffera toujours sur ce besoin d'humanité. Et tout prouve que lorsque les adultes jouent le jeu, lorsqu'ils mettent en avant ce qui peut unir, la joie circule dans les artères de la ville et par les veines de la création.

(exposition : 16 extraits de la nouvelle "Le Seigneur des Castors", mis en écho avec des photographies d'Alain Sabatier à la Médiathèque de Grasse - le livre a été publié par "Tac-Motifs".


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grasse ville sculptée

Filed under: écritures — ughes @ 15:02

                                    Par les croisements du clavecin
                                 
                     
au début ce sont                                                                            formes
venues d’une géométrie                                                              de la mort
arêtes                                                                                              de  tombes presque
un néant aux ailes                                                                         emprisonnées

et c’est presque                                                                              sans méfiance

                                                 par des blessures acharnées que la vie prend forme

la ville soudainement éventrée à ciel ouvert offre aux yeux poudrés une césarienne de marbre balustrades bousculées finalement battues en brèche par ces marteaux-piqueurs plantés dans le col d’un utérus blanc vierge et reconnaissant l’azur
masques d’outils faisant des êtres assoifés essouflés courbés sur leur ligne blanche de soda écrasés sous le socle enserrés dans la courbe des formes premières
une naissance à voir en direct dans le dénouement violent le dévouement offert en lieu
et place
comme un café et la rotation comme un saut dans le vide

et puis les caresse en finition la dentelle au vent ou bien la croupe polie dans l’ascension de Babel le trouble des langues différentes mises en carré pour dire la vie érigée en totem cube puis oeuf martelé de soleil

forme enfin acceptée acceptant son géniteur en sa conque de douleurs
dans la clarté des autres.

yves ughes,
lors du symposium de sculpure de Grasse, en 2007.
Pour les sculpeurs qui ont oeuvré sur le cours, en pleine chaleur.
Et notamment pour Gé Pellini, en photo ci-dessus, en train de creuser son bloc en corolle.

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3 octobre 2007

colle di nava

Filed under: écritures — ughes @ 18:10

http://ughes.podemus.net/SANY1254(1).jpg

Nei miei occhi
 stamani
 lungo la strada
che conduce al colle
c’eri anche tu
Eri con me, a Cantarana
tra viottoli,
piccole aie
le case in pietra
e le imposte chuise
l’anima tua saltellava
tra i sassi bianchi del fiume
chiari, come ritratti d’infanzia
Stamani
in un mattino di rugiada diamante
nelle delicatezza del desiderio di un dono
per te ho accarezzato le foglie
ho sorriso alle pietre
ho contato le api
e all’ombra et al riparo
di un abete gigante
ho seminato e annaffiato
l’eterno seme della memoria
Paola Bonetti 7 Luglio 2007

dans mes yeux
aujourd’hui
le long de la route qui conduit
au col
tu étais là aussi
tu étais avec moi
au lieu-dit Cantarana
entre sentiers petites aires
les maisons de pierre
aux volets fermés
ton âme sautillait
entre les pierres
blanches du fleuve
claires
comme portraits
d’enfance aujourd’hui
dans ce matin de rosée
taillée en diamant dans
la délicatesse d’un désir
de don
pour toi j’ai caressé
les feuilles j’ai souri
aux pierres j’ai compté
les abeilles et à l’ombre
et à l’abri
d’un sapin géant
j’ai semé et arrosé le germe perpétuel
de la mémoire

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