Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

29 janvier 2007

j’aimerais pouvoir dire le mot “aurore”

Filed under: écritures — ughes @ 0:25

ce soir j’aimerais pouvoir écrire le mot "aurore", parce que cet instant  traverse ma mémoire.
mais je ne le peux, écrasé par  une constante de la langue  : l’usure…le mot fait cliché, la  photo fait chromo…me voici donc coincé entre poncifs et carte postale
et pourtant  cet instant est.
la langue s’use d’elle-même, et les maîtres de l’arrogance savent bien nous piéger dans de savantes compositions  Ils nous pensent
Et puis il y a les phrases fortes qui sont devenues "citations"…cela s’appelle l’aurore dit l’Electre de Giraudoux et reviennent  en mémoire  les Parfums éclos d’une  couvée d’aurores de l’ami Eluard…Comment dire dès lors ?

Reste l’idée de guerre
de guerre qui se mène dans la langue même  Notion chère à Meschonnic, qui évoque  dans La rime et la vie, un instant fondé  sur un superbe  contre-sens: lors de la guerre 14-18, des soldats Bretons ne connaissant pas le français, gémissaient dans leurs blessures "da-guer", ce qui signifie "à la maison", un officier passant par là comprit  daguer et prit cela pour la volonté d’en découdre de nouveau.
Et  Henri Meschonnic nous livre cette analyse :
"contre-sens horrible, l’incompréhension constitutive de l’anecdote présente comme une allégorie  le non-rapport, le non-contact entre un langage qui devient silence tant il est inentendu, et le bruit du monde, du monde en guerre, qui ne peut plus même entendre autre chose que lui-même, et croit se reconnaître dans l’autre en se projetant sur lui jusqu’à l’anéantir.
La guerre dans le langage est cette guerre-là.

Et la poésie est dans ce mouvement-là. Aurore au Kilowatt/heure, prêtant ses pylônes et leurs fils  à l’inentendu.

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7 janvier 2007

birds

Filed under: écritures — ughes @ 2:33

                                         que la nuit

dessin, peinture et collages sur bois D’Annick Lesimple,
format  40 x  40

et comme conséquence presque prévisible le décollement de la chair dans son étonnement dans l’écartèlement du temps qui
pourtant inaccessible
comme déroute circulaire plainte mélodieuse sur son centre décantée décharnée donc et parce que

éclats du crâne en travaux de formation ralentir travail des os
le verglas d’été maintenant se pose sur les tissus huile faite pour ces grilles et de traits figés balancés

et parce qu’au seuil

d’émergence il sera question pour peu qu’on aille fouiller dans le making off des saisons on y entendra le vacarme des peaux par les galets battues

éclats du silex la confiance est dans la cendre appliquée parce que se reconstituent les formes pariétales au bord de

yves ughes, pour que la nuit
Grasse, le 30 décembre 2006

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4 janvier 2007

Europe, la revue : littérature & peinture

Filed under: choses lues — ughes @ 23:45

On sait ce que l’on doit à la revue Europe, la si bien nommée, son apport à l’histoire de la littérature, son approche aiguë des problématiques posées par cette activité sociale qu’est  la production de textes.
On a beau savoir, on ne peut être que transporté par ses incursions novatrices, en témoigne son dernier numéro consacré à la rencontre, à la mise en écho, de ces domaines complices : Littérature & peinture

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