Ecritures et Ratures, partages proposés par yves ughes

essayages

29 novembre 2006

il diavolo sulle colline

Filed under: écritures — ughes @ 20:12

sulle colline bruciate

d’emblée au bout des ceps
dans l’incision
s’assignerait la ville destination acceptée et qui serait vecteur vers l’Amérique
y trouver le lieu pour affronter Moby Dick
le chant qui n’accepterait pas l’échouement
et comme il se doit

on donnera ce qu’il faut de coups de pieds dans
la densité sonore odorante du lieu
là où les catastrophes sont toujours signes
dressés venus du fond convulsions de grappes et
d’organes impérieux
sont bues ici les senteurs âpres et âcres seules les aisselles ne sont pas avares
on s’entend dire que sous la fenêtre l’ami poilu
s’est encore fait sentir
les rails participent désormais à l’ivresse panique
de la nuit quand le bouc baisse les cornes tend
le sexe et que les cuisses du viaduc s’ouvrent
capables d’attendre

yves ughes
pour un cahier présentant  12 photographies de Frédérice Lefeuvre, prises dans le pays de Cesare Pavese.

sulle colline brucciate
Les Cahiers du Chêne rouge

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19 novembre 2006

Jack Kerouac, ou les rues de la lumière vide

Filed under: choses lues — ughes @ 1:24

Jack Kerouac est connu pour sa prose délirante et déliée, subversive et  débordante,
en poésie, il s’impose le rythme du Chorus, une contrainte formelle et féconde…
dans mon système, la forme des chorus de blues est délimitée par la petite taille de la page du carnet de notes dans lequel ils sont écrits, comme la forme d’un certain nombre de mesures dans un chorus  de blues en jazz, et donc parfois la signification du mot  peut se prolonger d’un chorus à  un autre, ou pas, de même que la signification de la phrase peut se prolonger de manière  harmonique, jazzée, d’un chorus à l’autre, ou pas, de sorte que dans ces blues comme dans le jazz, la forme est déterminée par le temps, par l’harmonie et le phrasé spontanés du musicien dans le batttement du temps qui déferle sans fin sur les mesures des chorus.
Il faut que ce soit sans fin, ad libitum pour chaque chorus, sans quoi le coup foire.
Jack Kerouac ( Book of Blues, éditions Denoël et d’ailleurs, 2000)

Et quand Kerouac s’installe à San Francisco, ça donne des rues de lumière vide

(cette approche a fait l’objet d’une conférence à la Bibliothèque Municipale de Grasse, dans l’un des cycles de  Podio, association dont le but est la défense et l’illustration de la poésie sur le pays de Grasse. Le texte intégral a été publié par la revue Friches. n° 80 automne 2002, dossier Kerouac, Grandes voix contemporaines).

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